• Chapitre 5 : La main

    Assis sur une chaise d’une solidité douteuse, un homme fixait la porte d’en face. Il était accoudé sur un bureau jonché de papiers, de bouteilles vides, de photos épinglées dans le bois autrefois blanc, et de brûlures causées par quelques-unes des cigarettes qui mourraient dans le cendrier. Les jambes croisées, une main posée sur son costume noir impeccable, il tenait de l’autre un téléphone noir. La conversation semblait mouvementée, et ses sourcils froncés rendaient son visage antipathique encore plus inquiétant. Contre le mur à sa gauche était appuyé un homme, vêtu entièrement de noir, arme à la main, immobile et stoïc, qui, s’il écoutait la conversation, ne le montrait pas. La sécurité de son arme à feu était enlevée. Sûrement un garde du corps, un garçon exceptionnellement fidèle parfait pour assurer la vie de son employeur. Un parfait chien de compagnie, qui ne pense pas, ne parle pas, ne sait qu’obéir.

    -Je vous ai demandé de ne pas leur faire de mal, tempêta l’homme assis. De me les amener sans les blesser !

    -Non, même pas pour les intimider ! reprit-il après une courte pause. Vous savez qui ils sont ? Vous savez combien ils sont importants ? Vous savez combien vous, vous m’importez peu ? Si vous êtes un incapable, alors essayez d’être incapable de les laisser s’enfuir !

    La personne à l’autre bout du fil essaya de parler, de se défendre, mais l’homme lui coupa la parole.

    -Je me fiche de savoir des difficultés qu’ils vous causent. Vous les mettez au dernier étage, et veillez bien à fermer la porte des escaliers et celle de l’ascenseur. De toute façon, si l’un deux disparait, se blesse ou s’échappe, je vous en tiendrais pour seul responsable. M’avez-vous bien compris ?

    Il raccrocha brutalement avant d’avoir entendu la réponse et soupira. Puis, se levant, il congédia d’un mouvement de la main son garde du corps, qui sortit sans rien dire. Marchant vers les innombrables photos qui recouvraient le mur, il observa cinq photos, seulement cinq visages pris furtivement dans la rue par des professionnels, des hommes qu’il avait engagés. Deux filles et trois garçons, ayant entre dix-sept et vingt-deux ans. Des photos portant de petites légendes, des adresses, des noms, des numéros, et reliées entre elles par des traits tracés à l’encre rouge sombre, directement sur le mur. C’était les meilleurs, et de loin. De tous les visages collés au mur, c’était quatre de ces cinq-là qu’il avait choisi. Le cinquième… il était essentiel. Pas du tout comme les autres, mais le plus important. Pour l’instant.

    Dès qu’il poussa la porte de son bureau, tous ses hommes se relevèrent et se tinrent devant lui avec respect. Le garde du corps passa discrètement derrière lui pour le suivre, comme toujours. L’homme hocha la tête, distribua quelques ordres, et continua à marcher. Avant de monter dans sa luxueuse voiture, il jeta un coup d’œil au bâtiment sur sa droite. Un de ses hôtels. Au cinquième étage, ils attendaient tous, plus ou moins saufs. Il sourit, et monta à l’arrière.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 30 Octobre 2015 à 11:55
    Cela m'étonne qu'il y ai eu si peu de commentaires jusque-là (enfin, ils viendront peut-être dans les prochains textes, je n'en ai aucune idée ^^) Juste pour te dire que ton style d'écriture est très agréable à lire : tu sais parfaitement créer un effet de suspens, et les personnages sont très travaillés . Ils ont chacun leurs habitudes, un caractère et des goûts bien définis (du moins c'est l'impression que tes textes me donnent pour l'instant) ... Et j'imagine que cela n'ira qu'en s'améliorant au fil de l'histoire . Franchement, bravo ! ^^ Je vais continuer à suivre ça de près, aucun doute là-dessus v_v
    2
    Vendredi 30 Octobre 2015 à 12:26

    Merci, ça me fait plaisir ! Bonne lecture !

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